Robopoïèses : les intelligences artificielles de la nature (2e ed. revue et augmentée, avec une préface de Nicolas Nova)

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Robopoïèses: les intelligences artificielles de la nature (2e ed.) André Ourednik, 2024, Robopoïèses : les intelligences artificielles de la nature (2e ed. revue et augmentée, avec une préface de Nicolas Nova), La Baconnière, Genève.

L'"intelligence artificielle" telle que nous la concevons aujourd'hui se concentre sur l'apprentissage automatique, par lequel un programme isolé évolue pour prendre des décisions de plus en plus "correctes" en fonction d'un objectif prédéfini. Son mythe se nourrit de l'idéologie du self-made-man, que les plus grand investisseurs du domaine prennent pour un modèle d'intelligence. Malgré le potentiel créatif de l'IA, son imaginaire demeure dans l'orbite de systèmes de pensée établis qu'elle contribue à figer. Pour y échapper, nous avons besoin de perspectives plus larges. Cet essai soutient que l'IA n'est pas une invention récente, mais plutôt la continuation d'une longue tradition de création de systèmes artificiels qui médient notre relation au monde. Son histoire commence avec l'apparition même du langage, et elle se matérialise dans l'écriture et dans le tissu urbain antique. André Ourednik redéfinit l'IA comme l'ensemble des systèmes symboliques et fonctionnels qui méditent notre rapport à l'incontrôlable, à l'innommable, à l'insaisissable, en d'autres mots: à la nature. Reliant les tablettes de lois de la cité d'Ur, les méganombres védiques, les automates du 19e, la cybernétique et les algorithmes génératifs, voici l'histoire de l'autonomie croissante des dispositifs de pensée. Quel sera le rôle futur des humains dans leurs créations? Une intelligence artificielle qui échappe au contrôle humain redevient-elle "nature"? Avec quelles conséquences? L'IA peut-elle nous aider dans nos relations aux êtres vivants et à notre propre subjectivité?

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Recensions de la 1ère éd.

« Ourednik met en rapport l'«intelligence artificielle» et la nature, dans un tissage complexe et un jeu tournant à travers le temps historiques. Un jeu qui passe par la saisie et l'imitation, mais aussi par des limitations, et par des prémisses de destruction. Mêlant mathématiques, sciences naturelles, philosophie, histoire, littérature, Ourednik revient sur l'invention des automates, la mécanisation, la cybernétique. Il met également l'accent sur les villes, comme artifices pour penser et vivre l'espace, et sur les systèmes de formalisations - de l'écriture aux réseaux neuromimétiques ou aux fractales. Et dans ce parcours, il passe à la fois par les jalons de l'histoire de la pensée et des techniques, et par des chemins de traverses qui lui sont propres. ... Il n'hésite d'ailleurs pas à s'arrêter parfois sur des aspects très concrets, par exemple un détail de la vie d'un chercheurqui éclaire autrement les recherches et ouvre d'autres focales possibles, avec un aspect plus incarné de l'intellect. ... Un essai passionnant et brillant, hautement recommandable. » Alain Freudiger, Nature, intelligence et artifices, La Distinction, septembre 2021

« Naviguant entre sciences humaines et informatique, le Suisse André Ourednik rappelle la véritable essence des machines apprenantes. Son livre «Robopoïèses» s’avère idéal pour étriller les fantasmes à propos de l’I. A. toute-puissante. ... Un texte à la fois argumenté, précis, mais aussi judicieusement critique sur le développement des intelligences artificielles et leur incidence sur l’organisation de nos sociétés contemporaines » Fabrice Gottraux, L’intelligence artificielle ne nous veut aucun mal. L’humain, en revanche…, 24 Heures / Tribune de Genève, 12.6.2021

« Érudit et malicieux, historique et spéculatif, technique et poétique, voici sans doute l’un des ouvrages les plus stimulants du moment autour des réalités et des fantasmes de l’intelligence artificielle... » Hugues, Charybde 27 : le Blog, 1.1.2021

« ...cet essai revigorant et abordable ... développe l’idée que l’humanité a commencé il y a déjà très longtemps à externaliser ses processus de pensée. Le langage et les mathématiques ne sont-ils pas déjà des créations totalement artificielles ? En interrogeant notre rapport à la nature et à l’artifice, il ouvre des pistes de réflexion philosophiques tout à fait passionnantes, parcourt l’Histoire à la recherche des bouliers, mécanismes antiques, automates et autres systèmes indépendants capables d’autorégulation, qui ont constitué autant d’étapes vers l’intelligence artificielle telle qu’elle est comprise aujourd’hui. Il aboutit aux problématiques contemporaines du contrôle démocratique des algorithmes et des présupposés qui forment la vision du monde des machines. Un livre fascinant, qui expose également les enjeux liés à l’influence des grands groupes technologiques sur la société et pourquoi l’absence de règles dans le domaine de l’intelligence artificielle est un danger encore trop mal compris. » Stéphane Babey, Vigousse, 14.5.2021

« André Ourednik n’est pas seulement l’un des rares auteurs de Suisse romande à narrer dans ses écrits des dystopies très documentées, il est aussi ce scientifique capable de vous décrire une fractale de l’évolution végétale. Dans son dernier essai, en aristotélicien mâtiné d’ingénieur numérique, il poétise un processus sans fin depuis le développement monstrueux de l’encéphale humain: l’intelligence artificielle, c’est-à-dire capable d’artefacts, de combinaisons artistiques. Beau voyage prolongé par une création sonore en ligne. » CC, QWERTZ, #64, RTS-Culture, 3 avril 2021.

« Entre le poète et la machine, il y a André Ourednik... l’écrivain ne cesse de repenser le monde à l’aune du numérique, de son omniscience qui reconfigure notre rapport au réel et à la mémoire. ... C’est une autre histoire de l’intelligence artificielle qu’il déploie ici, dont le berceau ne se situerait pas dans la vallée du silicium mais aux temps primitifs de l’apparition du langage. En envisageant l’IA dans une perspective plus englobante, celle des «artifices à penser» qui ne se réduisent pas aux circuits imprimés, l’auteur passe de la Mésopotamie antique au Jeu de la vie de Conway, du nombre d’or aux méganombres védiques, des formules magiques sur carapaces de tortue aux algorithmes artistes. Marqueterie érudite, littéraire, philosophique, mathématique et informatique, où se dessine la perspective d’une IA autonome assez créative pour nous réconcilier avec la nature. Dense et stimulant. » Thierry Raboud, La Liberté, 20 mars 2021.

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