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2011 La Machine Kafka. Citations sélectionnées. Boucle
Wikitractatus: pour une philosophie de l'itinéraire 2010

WikiTractatus : pour une philosophie de l'itinéraire.

Objectif: Utiliser le concept Wiki pour une nouvelle manière de créer, de restituer et de lire la philosophie.

Il y a une dizaine d'années, m'a frappé un passage du Crépuscule des idoles où Nietzsche s'écrie: "je crains bien que nous ne nous débarrassions jamais de Dieu, puisque nous croyons encore à la grammaire". Suite à ce consat, il semble difficile d'écrire ou de lire un texte philosophique sans se demander quel part de l'argument relève du simple artefact de l'enchaînement des arguments, quel part de l'écrit a servi à coller les morceaux, et quelle part d'arbitraire il y a dans leur ordre de précédence, c'est-à-dire dans la mise en relation des causes et des effets, des conclusions et des prémisses. Cet inconfort m'a mené à chercher une manière de désérialiser la pensée.

D'un point de vue plus historique, le livre structuré en chapitres agencés de manière séquentielle a longtemps été le moyen de transport public des philosophies d'occident. À cela s'est récemment ajouté l'étrange format des articles de revue - mini-livres vendus par lots. Ces modes de diffusion ont tendance à sérialiser le réseau de concepts dont consiste une pensée philosophique en la transformant en un texte continu. C'est là une contrainte de forme, comme l'est le haïku, l'alexandrin, ou le marbre sous le stylet du sculpteur. Il a ses avantages. Car la forme permet de réaliser une pensée qui n'est qu'intuition avant de devenir cette forme. La forme donnée à la pensée permet de penser « jusqu'au bout ».

Mais il y a autant de pensées différentes que de manières de les transmettre. Si d'en choisir une revient à choisir une pensée, n'en retenir qu'une seule revient à l'estropier.

Car une philosophie linéaire - c'est-à-dire une philosophie transmise sous forme d'un texte continu - possède aussi plusieurs désavantages dont celui de brouiller les liens entre les concepts et de dissoudre leur tension dans le flux berçant du récit. La forme linéaire force le philosophe à lisser sa pensée en vue de sa sérialisation.

De nombreux philosophes ont réagi à ce problème en cherchant d'autres modes d'expression. Nietzsche ou Cioran, par exemple, préfèrent s'exprimer par des collections d'aphorismes. Spinoza ou Wittgenstein vont plus loin en calquant la présentation de leurs idées sur celle des théories mathématiques. Ils les organisent en propositions numérotées contenant corollaires et scolies. Les propositions sont succinctes mais elles s'appuient sur celles qui les précèdent par des renvois numériques que l'on peut considérer comme des ancêtres de liens hypertextes.

Le WikiTractatus s'inspire très exactement de ce principe en l'articulant à celui des wikis: chaque concept est créé comme une entrée wiki, comportant une définition hypertextuelle. La pensée ne se déploie donc pas linéairement mais de manière réticulaire à partir d'une racine: un nuage de mots clés. N'importe quel mot sert de point d'entrée. Tu peux commencer par exemple par « azoth ».

Le WikiTractatus peut être lu dans n'importe quel sens, comme un poème dont tu es le héros. Son propos et processuel et contextuel. Il est produit par la déambulation du lecteur, à l'instar du sens d'un territoire. Le sens du Wikitractatus n'est que le produit d'un cheminement au travers de termes intermédiaires mis en relation. Il n'est pas nécessaire ni prévu que le lecteur visite toutes les entrées. Il lui suffit de suivre les liens, mot par mot, en se laissant guider par son doute.

Si le WikiTractatus vient à exister sur un support papier, il ne sera qu'un instantané de lui-même, de son processus d'écriture. Dans la présente version électronique, il est constamment modifié, et refléte ainsi le caractère transitoire de toute idée.

Le Wikitractatus est également disponible pour les dispositifs mobiles.

Netlogo JEU: Les cafards de Nyarlathotep 2008 JEU: Les cafards de Nyarlathotep .
cyberego - réponse javascript à tes questions existentielles 2002 Cyberego :« Combien ? ». J’entre un chiffre dans le champ et j’appuie sur le point d’exclamation : s’affichera alors « moi », autant de fois que je l’ai souhaité : La machine me renvoie une démultiplication du moi condensé en un élément sémantique dénué de référent, d’autant plus absurde que la puissance de calcul permet de le répéter des milliards de fois. Et je découvre à mes dépens que la démultiplication arithmétique, loin de générer une plénitude existentielle, laisse l’humain d’autant plus seul que se démultiplient les sèmes à remplir de sens. L’analyse achevée, voici la question « que suis-je ? » scindée en d’innombrables parties mais aussi irrésolue qu’au premier abord.